Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/79

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nous soyons métamorphosés en deux grenouilles, au fond de l’eau.

Ce qui fut fait sur-le-champ.

La doguesse arrive aussitôt. Elle cherche et flaire et se demande :

— Où sont-ils donc passés ? Ils étaient ici, il n'y a qu’un instant, et je ne vois à présent qu’une fontaine, avec deux grenouilles, au fond de l’eau ! Il faut que j’aille le dire à ma sœur.

Et elle retourna au château.

— Comment, lui dit la magicienne, tu reviens seule !...

— Oui, je ne sais ce qu’ils sont devenus : en arrivant à l’endroit où je les avais vus et où je croyais les prendre, je n’ai plus trouvé qu’une fontaine, avec deux grenouilles au fond de l’eau.

— Malédiction ! s’écria la magicienne en colère, les deux grenouilles dans l’eau, c’étaient eux !

C’étaient eux !...

Dés que la doguesse fut partie, Péronic et son cheval revinrent à leur forme première, et continuèrent leur route.

— Regarde derrière toi, ne vois-tu rien venir ? demanda encore le cheval, un moment après.

— Si ! je vois venir la magicienne, écumante de rage !

— Par la vertu de mon petit livre rouge, qu’il s’élève ici une belle chapelle, et que nous soyons