Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/80

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


métamorphosés en deux statues de saints, une de chaque côté de l’autel.

Ce qui fut encore fait, sur-le-champ.

La magicienne arrive. Elle cherche, se répand en malédictions, trépigne de colère, ne trouve rien et s’en retourne encore.

Les deux fugitifs reprennent aussitôt leur forme première et se remettent en route, sans perdre de temps. Ils franchissent un fleuve et sortent du domaine de la magicienne ; elle n’a plus aucun pouvoir sur eux.

Il était temps ! Elle venait de s’apercevoir que son petit livre rouge lui avait été volé, et elle avait repris elle-même la poursuite, écumante de rage, criant, hurlant et faisant un vacarme d’enfer.

— Ma malédiction sur toi, Péronic, qui m’as enlevé mon petit livre rouge, où résident ma science et ma puissance ! hurla-t-elle, au bord de l’eau, qu’elle ne pouvait franchir, tandis que les deux fugitifs riaient de sa fureur, sur l’autre rive.

Péronic et son cheval se dirigèrent alors sur Paris. Avant d’entrer dans la ville, le cheval dit à Péronic :

— A présent, tu vas me tuer...

— Vous tuer !... Jamais je n’aurai le courage de faire cela !...

— Il le faut, pourtant, pour mener ton entreprise à bonne fin. Tu me tueras, te dis-je, puis tu