Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/96

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le bonhomme, qui ne reconnaissait plus son fils.

— Je suis riche, aujourd’hui, mon père, et il faut nous réjouir ; voyez !

Et il jeta sur la table cinq cents écus, en belles pièces d’or. Puis, il envoya acheter des provisions, au bourg, du pain blanc, du bœuf, du lard, des saucisses, du cidre et même du vin, et l’on fit un véritable festin, auquel furent invités quelques voisins. Et ce fut tous les jours ainsi, pendant que durèrent les cinq cents écus. Mais, quand on en fut à la dernière pièce de six francs, le bonhomme dit à son fils :

— Voilà que nous n’avons plus d’argent, mon fils, et nous allons retomber dans la misère, comme devant.

— Ne vous inquiétez pas de cela, mon père, car si vous vous êtes privé pour m’envoyer à l’école, j’y ai profité, comme vous le verrez bientôt, et je ne vous laisserai manquer ni d’argent ni de rien autre chose.

Il avait, en effet, étudié les livres du magicien et y avait appris bien des secrets.

— Demain matin, mon père, vous irez à la foire de Lannion, pour y vendre un beau bœuf.

— Et où le prendrai-je, ce bœuf ? Je n’ai plus, depuis longtemps, ni bœuf, ni vache, ni veau.

— Peu importe d’où il viendra, mais demain