Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/103

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


— Bonjour, mon maître ; comme vous ordonnerez, il sera fait.

— Je désire que la fille du roi d’Angleterre me rende visite, cette nuit, dans ma chambre.

— Il sera fait selon votre désir, maître, répondit l’Homme de fer.

Et il disparut.

Et en effet, à minuit, la jeune princesse était dans la chambre de Iann. Elle y avait été transportée tout endormie, et le lendemain matin, quand elle s’éveilla, elle se retrouva dans son lit, au palais de son père, sans avoir conscience du voyage qu’elle avait fait, pendant la nuit. Et, à partir de ce jour, toutes les nuits, elle était ainsi transportée, tout endormie, auprès de Iann, et chaque matin, elle s’éveillait, dans son lit, au palais de son père ; et personne, dans le palais, ne se doutait de ces voyages nocturnes, car on ne la voyait jamais ni sortir, la nuit, ni rentrer, le matin.

Enfin, on s’aperçut que sa taille s’arrondissait sensiblement, et elle resta malade, dans son lit. On appela tous les médecins de la ville, et aucun d’eux ne connaissait rien à sa maladie, ou peut-être n’osaient-ils pas dire ce qu’ils en savaient. On fit venir aussi une vieille sorcière, qui demeurait dans un bois voisin, et celle-ci déclara nettement que la princesse était enceinte. Jugez de