Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/104

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la colère du vieux roi. Il fît surveiller sa fille de près, et on acquit la certitude qu’elle s’absentait, la nuit, de sa chambre, au moment où l’on croyait qu’elle dormait tranquillement, dans son lit. Mais On avait beau la surveiller, on ne savait comment elle disparaissait, ni où elle allait, et elle-même, paraît-il, n’en savait pas davantage. Tout le monde en perdait la tête, à la cour, et le vieux roi en était au désespoir.

On consulta encore la vieille sorcière, et elle dit :

— Il faudra remplir de farine un petit sac, y pratiquer un petit trou, au fond, puis l’attacher au bras de la princesse, quand elle se mettra au lit. De cette façon, partout où elle ira, elle laissera après elle une traînée de farine, et on pourra la suivre, à la piste.

Le moyen indiqué par la vieille sorcière parut excellent, et on le pratiqua, de point en point. Mais, la nuit venue, lorsque Iann alluma son flambeau, selon son habitude, pour invoquer l’Homme de fer, celui-ci l’instruisit de ce qui se tramait contre lui, puis il ajouta :

— Rassurez-vous, pourtant, je saurai déjouer cette ruse et rendre nulles toutes les précautions. Je ferai que toutes les rues de la ville soient recouvertes, cette nuit, d’une couche de farine, et nul ne saura par où aura passé la princesse.