Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/117

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et elle se résolut à passer outre. Un des danseurs courut après elle et lui demanda :

— Voulez-vous danser avec nous, la belle enfant ?

— Volontiers, répondit-elle, en tremblant. Et elle entra dans la ronde et dansa.

Un des danseurs demanda alors aux autres :

— Quel cadeau ferons-nous à cette charmante enfant, pour avoir bien voulu danser avec nous ?

— Elle est bien jolie, mais qu’elle devienne beaucoup plus jolie encore, dit un des danseurs.

— Et qu’à chaque parole qu’elle prononcera, une perle lui tombe de la bouche, dit un second.

— Et que tout ce qu’elle touchera de la main se change aussitôt en or, si elle le désire, dit un troisième.

— Oui ! oui ! crièrent tous les autres, ensemble.

— Grand merci. Messieurs, je vous suis bien obligée, dit Lévénès, en faisant la révérence.

Puis, elle continua sa route.

En arrivant au bourg, elle se rendit chez le sacristain, car les portes de l’église étaient fermées, et lui fit part du motif de sa visite.

Le sacristain l’accompagna et lui ouvrit la porte de l’église. Elle toucha cette porte de la main, et elle devint d’or, et, à chaque parole qu’elle disait, une perle lui tombait de la bouche. Le sa-