Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/119

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— C’est bien ! Je vois ce que c’est ; demain soir, j’enverrai aussi ma fille aux Danseurs de nuit ; ces petits hommes cachent, parmi les rochers et sous terre, des trésors inépuisables d’or et de perles fines.

Le lendemain, à la même heure, elle dit à sa fille Margot :

— Il faut aller, Margot, me chercher un autre livre d’heures, dans mon banc, à l’église.

— Non vraiment, je n’irai pas, répondit Margot.

— Je le veux et vous irez, répondit la mère, et quand vous passerez au carrefour de Croaz-ann-neud, si vous y rencontrez les Danseurs de nuit et qu’ils vous invitent à danser avec eux, faites-le, et n’ayez pas peur, ils ne vous feront point de mal, mais, bien au contraire, ils vous donneront quelque beau cadeau.

Margot répondit par une grossièreté, si bien que sa mère fut obligée de la menacer de son bâton, pour la décider à partir.

Quand elle arriva au carrefour de Croaz-ann-neud, les Danseurs de nuit y menaient encore leurs rondes, au clair de la lune [1]. Un d’eux

  1. C’est sans doute par oubli que ma conteuse ne parle pas du refrain connu : Lundi, mardi, mercredi, etc., que la tradition attribue généralement aux Danseurs de nuit, dans leurs rondes nocturnes. — Voir Les deux Bossus et les Nains, t. II, p. 251.