Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/135

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rosse doré. La mère y monta, pour aller à l’église, avec sa fille, dont la figure était voilée, et quand les portières furent fermées sur eux trois, ils se trouvèrent dans l’obscurité. On recommanda au prince de ne pas parler à sa fiancée, jusqu’au retour de la cérémonie, parce qu’elle était très timide.

Le carrosse prit le devant. Le petit chien Fidèle courait après en jappant : « Hep hi ! hep hi !... » c’est-à-dire : « Sans elle ! sans elle ! »

— Que signifie cela ? demanda le prince, étonné.

— Rien, mon gendre, répondit la mère ; ne faites pas attention aux jappements de ce petit roquet ; il voudrait monter aussi dans le carrosse, mais, il nous salirait.

Comme il traversait le bois qui entourait le château, un petit oiseau vint se poser sur le haut du carrosse, et il disait, dans son langage :


Hélas ! hélas ! la joliette,
La charmante et douce Jeannette,
Seule est restée à la maison.
Au fond d’un coffre, sa prison ;
Et la méchante et laideronne,
Prenant sa place et sa couronne.
Déjà se croit reine des cieux...
O prince, prince, ouvrez les yeux !