Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/136

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— Qu’est-ce qu’il chante donc, cet oiseau ? demanda le prince, étonné.

— Rien, mon gendre, répondit la mère de Catho ; n’y faites pas attention.

— Oh ! il se passe quelque chose d’extraordinaire, et il faut que je sache ce que c’est.

L’oiseau reprit sa chanson, et le prince fit arrêter le carrosse et descendit. Il ouvrit les portières du carrosse, souleva le voile de sa fiancée, et, quand il vit le monstre de laideur qu’il allait épouser, il poussa un cri d’horreur et dit :

— Dehors, vilaines bêtes ! Serpents et crapauds ! Descendez, vite, et que je ne vous revoie plus jamais.

Le prince et sa suite partirent alors, au galop, abandonnant la belle Catho et sa mère, sur la route.

Et quand il fut rentré au château, il allait de chambre en chambre en criant :

— Jeanne, ma chérie, où êtes-vous ?

— Ici ! dit Jeanne, du fond du coffre.

Le prince prit une cognée, brisa le coffre et en retira Jeanne.

Puis, il la fit monter dans son beau carrosse doré, sans faire de toilette, comme elle était, et la conduisit à l’église et l’épousa, au grand étonnement de tout le monde. Et le petit chien