Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/141

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l’épaule, comme un homme. Il demanda du pain, de la viande et du vin, et on n’osa pas le refuser, tant la chose paraissait étrange. On lui remplit son sac, et il s’en alla. Il revint ensuite, tous les deux jours, au château, et chaque fois, il s’en retournait avec son sac plein, de façon que sa mère ne manquait de rien, dans sa grotte.

Un jour, le fils du château eut une querelle, dans un pardon, y perdit ses papiers et fut mis en prison. Tout le monde était désolé, au château, et quand le chat y vint, selon son habitude, il demanda la cause de la tristesse et de la douleur qu’il remarqua. On la lui fit connaître ; puis, on lui remplit son sac, comme d’ordinaire, et il s’en retourna. En arrivant à la grotte, il dit à sa mère :

— La tristesse et la désolation règnent au château.

— Qu’y est-il donc arrivé ?

— Le jeune seigneur a eu une querelle, dans un pardon ; il y a perdu ses papiers, et on l’a mis en prison ; mais, j’irai le trouver, demain, dans sa prison, et je lui dirai que, s’il veut épouser ma mère, je retrouverai ses papiers et les lui rendrai.

— Comment peux-tu croire qu’il consente jamais à me prendre pour sa femme, mon enfant ?

— Peut-être, mère ; laissez-moi faire.