Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/142

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Le lendemain, le chat se rendit donc à la prison et demanda à parler au jeune seigneur. Mais, le geôlier prit son balai, pour le chasser. Le chat lui sauta à la figure et lui arracha un œil, puis, il grimpa sur le mur et entra par la fenêtre dans la prison et dit au prisonnier :

— Mon bon seigneur, vous nous avez nourris, ma mère et moi, depuis que nous sommes dans votre île, et, en reconnaissance de ce service, je vous retirerai de prison et vous ferai retrouver vos papiers, si vous voulez me promettre d’épouser ma mère.

— Comment, pauvre bête, vous parlez donc aussi ? demanda le jeune seigneur, étonné.

— Oui, je parle aussi, et je ne suis pas ce que vous croyez ; mais, dites-moi, voulez-vous épouser ma mère ?

— Épouser une chatte, moi, un chrétien ! Comment pouvez-vous me faire une pareille proposition ?

— Épousez ma mère, et vous ne le regretterez pas, c’est moi qui vous le dis. Je vous laisse jusqu’à demain pour y réfléchir ; je reviendrai demain.

Et il s’en alla.

Le lendemain, il revint, muni des papiers du jeune seigneur, et lui dit, en les lui montrant :

— Voici vos papiers ; promettez-moi d’épouser