Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/144

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pour le recevoir. Le prince s’avança à sa rencontre, tenant la princesse par la main, et la présenta en ces termes :

— Voici ma mère, que vous m’avez promis d’épouser ; comment la trouvez-vous ?

Le jeune seigneur fut tellement troublé et bouleversé par tout ce qu’il voyait et entendait, qu’il en perdit la parole et ne put que balbutier ces mots :

— Dieu, la belle princesse !... Oui certainement !... Comment donc ?... Trop d’honneur !...

Le mariage fut célébré, sur-le-champ. Pendant le festin de noces, qui fut superbe, on entendit, sans rien voir, une musique ravissante et comme on n’en entend qu’au Paradis seulement. C’était la marraine de la nouvelle mariée, la sorcière, qui lui envoyait ses musiciens invisibles. Elle lui donna aussi son beau carrosse doré et lui dit :

— Vous n’aurez qu’à faire : Psiit... et mes chevaux enchantés s’élèveront avec vous dans les airs et vous porteront où vous voudrez. Mais, si vous retournez chez votre père, gardez-vous bien de vous laisser embrasser par votre marâtre ; par votre père, je ne dis pas, tant que vous voudrez.

Ils montèrent aussitôt dans le carrosse, qui s’éleva par-dessus les nuages, et les porta tout droit chez le père d’Annaïc. Celui-ci reconnut