Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/143

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ma mère, et je vous les rendrai, et de plus, je vous ferai remettre en liberté, sur-le-champ.

Le prisonnier promit, et il fut rendu à la liberté.

La mère du chat avait pour marraine une sorcière, qui connaissait bien leur situation. Elle vint la trouver, en l’absence du chat, et lui parla de la sorte :

— Ses papiers ont été rendus au jeune seigneur, qui a promis de vous épouser. Quand le chat rentrera, prenez un couteau et ouvrez-lui le ventre, sans hésiter, car aussitôt il deviendra un beau prince, et vous-même, vous deviendrez une princesse, d’une beauté merveilleuse. Alors, vous épouserez le jeune seigneur, et moi, je vous enverrai cinquante beaux chevaliers, pour vous faire cortège, le jour des noces.

Quand le chat rentra, sa mère lui ouvrit le ventre. Aussitôt un beau prince, magnifiquement paré, sortit de sa peau, et elle-même devint une princesse, d’une beauté merveilleuse. Les cinquante chevaliers arrivèrent aussi, et un beau carrosse tout doré descendit du ciel. Le prince et la princesse y montèrent, et se rendirent au château, accompagnés des cinquante chevaliers.

Le jeune seigneur, qui était à sa fenêtre, fut fort étonné de voir arriver un tel équipage, qu’il ne connaissait point. Il s’empressa de descendre,