Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/149

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Vous devinez sans doute la trahison que méditait la méchante femme, et qui consistait à substituer sa fille à celle de son mari. En effet, au jour fixé, dès le matin, la malheureuse Yvonne fut renfermée sous clef, dans la chambre d’une tourelle, pendant que l’on couvrait Louise, qui devait prendre sa place, des plus riches parures, sans pourtant parvenir à en faire une belle fiancée. Quand on voulut lui chausser les souliers d’or trouvés dans le corps de la vache noire, il fallut, pour y faire entrer ses pieds, les raccourcir des deux bouts, en lui rognant les orteils et les talons.

Le jeune prince arriva, avec un nombreux et brillant cortège. On lui présenta sa prétendue fiancée ; mais, la lumière qui brillait sur l’or et les diamants dont elle était toute couverte l’éblouit et l’empêcha de reconnaître la fraude. Il s’empressa de monter avec elle dans un beau carrosse doré, qu’il avait amené à cet effet, et aussitôt le cortège partit pour l’église, en brillant équipage. Le petit chien Fidèle, qui accompagnait Yvonne sur la grande lande, quand elle y menait paître sa vache noire, était sur le perron, et en voyant le prince monter dans le carrosse, avec sa fiancée supposée, il se mit à japper de la sorte : Hep-hi ! hep-hi ! hep-hi ! — c’est-à-dire : « Sans elle ! sans elle ! sans elle !» — Et quand le car-