Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/174

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La vieille se tint coi. Tous les convives étaient étonnés et effrayés, excepté le seigneur Rio et sa femme.

— Il manque une personne ici> reprit alors le chat.

— Qui donc ? demanda la marâtre.

— Votre amie la sorcière, qui a simulé une indisposition et qui est sortie. Qu’on coure après elle et qu’on la ramène, sur-le-champ.

Les valets coururent après la vieille, et ils l’eurent bientôt atteinte et ramenée dans la salle du banquet, malgré sa résistance, ses supplications et ses menaces.

— Silence, vieille couleuvre, tison d’enfer ! lui cria le Chat ; et elle trembla de tous ses membres.

Le Chat reprit :

— Le jour de la justice est venu pour vous : à présent, il vous faudra lutter contre moi, et vous savez ce qui vous attend, si vous perdez.

— Je lutterai, quand vous voudrez, répondit la sorcière, en feignant quelque assurance, et je ne vous crains ni par eau, ni par vent, ni par feu !

— C’est ce que nous verrons bien.

— Quand vous voudrez.

— Eh bien ! descendons dans la cour ; tous ceux qui sont ici présents assisteront à la lutte,