Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/18

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Et lard, saucisses, crêpes, pain blanc et cidre arrivèrent aussitôt, tout fumants et ayant un aspect des plus appétissants. Crampouès ouvrait tout grands les yeux et la bouche, et resta d’abord immobile d’étonnement. Puis, il prit une saucisse, timidement, et comme s’il eût craint que ce ne fût pas une vraie saucisse, mais seulement l’apparence d’une saucisse. Il la porta à sa bouche : c’était une vraie saucisse, et elle était délicieuse ! De même du lard, des crêpes, du pain blanc et du cidre ; tout était excellent, et il n’avait jamais fait un aussi bon repas.

— A la bonne heure, se disait-il, en pliant le chiffon avec soin et en le remettant dans sa poche, voilà un présent comme je les aime, et ma douce Marie est la meilleure et la plus belle fille du monde ! Je puis voyager, à présent, sans avoir souci de rien.

Et il se remit en route, en chantant et en sifflant, tour à tour. Il rencontra bientôt un vieillard à grande barbe blanche et qui lui parut être tellement ivre, qu’il avait grand’peine à se tenir sur ses jambes.

— Vous êtes joliment ivre, grand-père ! lui dit-il ; appuyez-vous sur mon bras et je vous conduirai, un bout de chemin.

— Ce n’est pas la boisson, mon fils, dit le