Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/19

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


vieillard, qui me fait trébucher et chanceler de la sorte, mais bien la faim ; je meurs de faim.

— Si ce n’est que cela, grand-père, je puis vous soulager ; vous allez voir.

Et il retira son chiffon de sa poche, l’étendit sur le gazon et dit :

— Par la vertu de la chemise de la grand’mère de Marie, je désire tout ce qui est nécessaire pour faire un excellent repas, afin que ce pauvre vieillard puisse se réconforter.

Et aussitôt des mets de toute sorte arrivèrent par enchantement, et aussi du cidre doré et pétillant et de bon vin de Bordeaux. Quand ils eurent mangé et bu, à discrétion, le vieillard dit à Crampouès :

— Cède-moi ton chiffon, et je te donnerai mon bâton en échange.

— Moi, céder un trésor si précieux ! jamais, jamais ! Et puis, ma douce Marie m’a bien recommandé de ne pas m’en dessaisir.

— Si tu savais ce que c’est que mon bâton ! C’est une merveille comme il n’en existe pas une autre monde. Il contient cinq cents petits compartiments dont chacun renferme un cavalier armé de toutes pièces. Toutes les fois que tu auras besoin d’aide ou de protection, tu n’auras qu’à dire : « Bâton, ouvre-toi ; sortez, cavaliers ! » Et aussitôt, tu verras sortir les cinq cents cavaliers