Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/195

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beau Lièvre au poil argenté, qui, assis sur son derrière, le regardait et ne paraissait pas le craindre. Il voulut essayer de le prendre, sans le tuer. Mais, au moment où il croyait mettre la main dessus, le Lièvre s’enfuit un peu plus loin et s’arrêta encore à le regarder. Il le poursuivit et le manqua encore. Ce manège dura longtemps, l’animal paraissant assez disposé à se laisser prendre, et s’échappant toujours, au moment où le chasseur croyait être sûr de lui. Si bien que le soir survint, et que Malo, dépité et ne voulant pourtant pas tuer un si beau Lièvre, s’en retourna à la maison, d’assez mauvaise humeur.

Le lendemain, il retourna à la forêt et retrouva le Lièvre argenté, au même endroit que la veille.

— Pour le coup, dit-il, si tu ne veux pas te laisser prendre, je te tuerai, comme un Lièvre ordinaire.

Et il recommença sa poursuite, mais, sans plus de succès. Enfin, impatienté, il se dit :

— Ah ! bast, je suis bien bon de me donner tant de mal pour un lièvre !

Et il coucha l’animal en joue et fit feu. Le Lièvre ne bougea pas.

— Je l’ai manqué, pensa-t-il.

Et il fit feu une seconde fois. Le Lièvre ne bougea toujours pas.

— Il faut que je l’aie tué raide, du premier