Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/196

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coup, se dit-il alors, car je ne suis pas si maladroit que cela.

Et il s’avança pour le prendre. Mais, au moment où il allait mettre la main dessus, le Lièvre s’enfuit encore, et s’arrêta à une cinquantaine de pas plus loin. Malo, honteux de sa maladresse, fit alors pleuvoir sur lui une véritable grêle de plomb. Le Lièvre ne bougeait pas et le regardait tranquillement. Malo finit par s’apercevoir que le plomb s’aplatissait sur lui, sans lui faire du mal.

— C’est un Lièvre enchanté ! se dit-il alors, et je perds mon temps et ma peine à essayer de le prendre ! Il ne me reste qu’à m’en retourner à la maison ; mais, j’en suis loin, ici, et la nuit vient ; je crains fort qu’il ne me faille coucher sous les linceuls de l’alouette !

— Non, si vous voulez, lui dit le Lièvre, dans le langage des hommes.

— Comment cela, s’il vous plaît ? demanda Malo, étonné.

— Descendez tout du long cette avenue de vieux chênes que voilà, et vous trouverez, à l’extrémité, un château où vous pourrez passer la nuit et voir votre sœur aînée.

— Je serais heureux de revoir ma sœur, pensa-t-il, et de la ramener à la maison, si je le puis, car je la soupçonne de n’être pas bien, là où elle est.