Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/212

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Quand la princesse rentra, le soir, elle trouva Malo tout embarrassé et tout triste.

— Je sais, lui dit-elle, ce qui est cause de ta tristesse ; tu m’as désobéi ; tu as ouvert la porte du cabinet défendu, et à présent, j’appartiens au diable, qui y était enfermé.

— J’ai commis une faute, je le reconnais, répondit Malo, mais, soyez sans inquiétude pourtant, car je saurai bien vous défendre contre le diable.

Le lendemain matin, le diable se présenta à Malo, à dix heures juste, et lui dit :

— Où est ta femme ? Je viens la chercher.

— Je vais vous la livrer, tout à l’heure. Rendez-vous là-bas, au milieu de la plaine, devant le château, et je vous la conduirai là, dans un instant.

Le diable se rendit au milieu de la plaine. Malo l’y vint rejoindre bientôt, accompagné de la princesse. Mais, au lieu de la lui livrer, il souffla dans le cor d’ivoire, que lui avait donné le géant, mari de sa sœur aînée, et aussitôt arrivèrent toutes les bêtes à cornes du pays, qui coururent sus au diable. Celui-ci aurait bien voulu s’échapper, mais de tous côtés, il se heurtait à des cornes aiguës, qui lui fermaient la retraite. Il perdit un œil et demanda quartier, jusqu’à dix heures, le lendemain matin ; ce qui lui fut accordé.