Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/211

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Breton avait fort bonne tournure, et les noces furent célébrées promptement, et avec grande pompe et solennité.

Quelque temps après, la princesse recommença à sortir, toujours sous la forme d’un Lièvre au poil argenté. Chaque matin, avant de partir, elle remettait à son mari les clefs de toutes les chambres, de toutes les salles et de tous les cabinets du château, même celle de son trésor, le laissant libre d’entrer partout, à l’exception d’un petit cabinet, dont elle lui recommanda bien de ne jamais ouvrir la porte, sous peine des plus grands malheurs.

Malo, une fois la princesse partie, se promenait de tous côtés, dans les jardins et les salles et les chambres du château, et partout il voyait des trésors et des merveilles de tout genre. Il avait bien envie de visiter aussi le cabinet défendu, mais, il se rappelait la défense de la princesse, et n’osait pas. Un jour, pourtant, il succomba à la tentation : il ouvrit la porte, et aussitôt le diable s’élança hors du cabinet et dit :

— C’est très bien ; ta femme est à moi, à présent, et je vais l’emporter !

— Vous attendrez bien, au moins, jusqu’à dix heures, demain matin, répondit Malo.

— Oui, mais à dix heures précises, demain matin, je l’emporterai.