Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/219

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— Jésus mon Dieu !... Et que lui as-tu répondu, mon enfant ?

— Je lui ai répondu, ma mère, que je ferai le pèlerinage promis, à Saint-Jacques-de-Galice, et je veux me mettre en route aujourd’hui même.

— Nous t’accompagnerons, lui dirent ses deux aînés.

— Non, répondit-il, je veux être seul.

Et il prit son arc seulement et partit [1]. Il était bon tireur, et le gibier qu’il prenait suffisait à sa nourriture. Il avait fait vœu de ne s’arrêter dans aucune hôtellerie, pour manger ou pour dormir. Il marche et marche, mettant toujours un pied devant l’autre, et arrive à une grande forêt. Il y avait trois jours et trois nuits qu’il était dans cette forêt, sans pouvoir en sortir. Il arrive à un vieux château entouré de hautes murailles. Comme il considérait ce château et en cherchait la porte, un lièvre vint à passer près de lui. Il bande son arc, lance la flèche et abat le lièvre. Aussitôt un ramier passe au-dessus de sa tête, et il l’abat aussi à ses pieds.

— Voilà de quoi dîner, se dit-il.

  1. Ici commence un autre conte, d’un tout autre caractère et entièrement payen. Les deux récits ont été réunis et confondus par le conteur populaire, comme cela se voit souvent, pour allonger son conte, et dans l’intention d’en augmenter l’intérêt. Je donne son récit tel que je l’ai recueilli.