Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/225

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Par son art magique, elle bâtit un château magnifique, au bord de la route, avec cette inscription, au-dessus de la porte principale :

« Ici l’on héberge gratuitement tous les passants, à la seule condition de dire à la maîtresse de la maison qui ils sont, d’où ils viennent, où ils vont, et enfin tout ce qui leur est arrivé d’extraordinaire, dans leurs voyages. »

Un jour, vers le coucher du soleil, Alanic arriva devant cette maison, en revenant de Saint-Jacques-de-Galice. Il était tout poudreux, exténué de fatigue, avait faim et point d’argent. Il lut l’inscription et s’écria :

— Dieu soit béni !

Il entra et fut bien accueilli par la princesse. Il ne la reconnut pas ; mais elle le reconnut, à première vue. Elle lui servit elle-même à manger et à boire et eut pour lui toutes les attentions possibles, ce qui l’étonna.

Quand il fut restauré et un peu remis de sa fatigue, il la regarda attentivement et eut un souvenir vague de l’avoir vue quelque part, mais, il ne pouvait se rappeler où. La princesse lui dit alors :

— Vous avez sans doute lu, jeune voyageur, l’inscription qui est au-dessus de la porte de ma maison.

— Oui, je l’ai lue, répondit Alanic, et je suis prêt à m’y conformer.