Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/232

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blanc, pour le chien, et l’autre, de pain noir, pour Janvier.

Janvier mangea sa soupe, d’assez mauvaise humeur, puis il voulut fumer une pipe. Mais, le chien grogna encore et montra les dents, et il lui fallut se remettre immédiatement à l’ouvrage.

Au coucher du soleil, le chien prit la route du château, et Janvier le suivit. On lui donna encore de la soupe de pain noir, pour son souper. Pendant qu’il la mangeait, les enfants se mirent à crier :

— J’ai envie de...

— Allons ! Janvier, dit la maîtresse, accompagnez les enfants dehors.

Il se leva et sortit avec les marmots. Quand il rentra, on avait fini de manger ; il n’y avait plus rien sur la table.

— N’aurai-je pas aussi un peu de lard ? de-manda-t-il, timidement.

— C’est trop tard ! répondit la maîtresse.

— Triste souper, après une si rude journée de travail ! murmura-t-il.

— Vous n’êtes pas content ? lui demanda le seigneur.

— Je ne suis pas fâché non plus ; je n’en mourrai pas, pour un mauvais souper, j’en ai fait bien d’autres.