Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/238

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


— Venez avec moi faire un tour au bois ; on’ y coupe les plantes, on abat les arbres, et on me fait un tort considérable. Malheur à ceux que je surprendrai à me voler, car je ne les épargne pas !

Et ils partirent, portant chacun un fusil sur l’épaule. Dès en entrant dans le bois, ils vire une vieille femme qui ramassait quelques brins de bois sec, pour cuire les pommes de terre de son repas. Le seigneur ajusta, tira et la tua roide.

— Quel malheur ! s’écria Février ; je connais cette vieille et je sais qu’elle a trois fils qui la vengeront et ne vous manqueront pas ; en vérité, je ne voudrais pas être à votre place.

Voilà le seigneur bien embarrassé ; que faire ?...

— Va, vite, à la maison, dit-il à Février, et apporte deux pelles, que tu trouveras au fond du corridor, près de la chambre de ma femme, pour que nous enterrions la vieille, dans le bois, et personne ne saura ainsi ce qu’elle sera devenue.

Février court au château. En passant dans le corridor, il voit la dame et sa fille, âgée de dix-huit ans, dans une chambre, la porte grande ouverte. Il entre et dit :

— Mon maître m’a commandé de venir vous embrasser.

Et il se jette sur la dame et l’embrasse de force. Il veut en faire autant de la fille. Les deux fem-