Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/24

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Et il dit : — Bâton, ouvre-toi ; cavaliers, sortez !

Et les cinq cents cavaliers sortirent aussitôt, et le chef demanda à Crampouès :

— Qu’y a-t-il pour votre service, maître ? Commandez, et comme vous direz il sera fait.

— Allez, vite, me reprendre ma serviette, qui est entre les mains du meunier, dont vous voyez le moulin là-bas.

Et il leur montra le moulin du doigt.

Les cinq cents cavaliers partirent au galop, et revinrent bientôt, avec la serviette. Puis, sur l’ordre de Crampouès, ils rentrèrent, chacun dans sa niche.

Crampouès continua sa route, sifflant et chantant tour à tour, tant il était heureux, et persuadé qu’il n’avait pas son pareil sur la terre.

Il arriva alors à la porte d’une grande ville. Au moment où il allait y entrer, il en sortait un grand convoi funèbre. C’était un riche marchand que l’on portait en terre. Les prêtres chantaient devant le cercueil, et les parents et les amis du défunt, avec tous les pauvres de la ville (car c’était un homme charitable), pleuraient, derrière, ou du moins faisaient semblant. Ce n’était que larmes et gémissements. En voyant tout cela, l’idée vint à Crampouès d’essayer l’effet de son biniou sur tout ce monde-là.