Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/254

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— C’est bien, se dit-il ; si ce n’est pas plus difficile que cela, la besogne sera bientôt faite.

Il frappe ensuite un second arbre, puis un troisième, qui tombent aussi, au premier coup, et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’il ne restât plus un seul arbre debout, dans l’avenue.

Il s’en retourna alors tranquillement au château.

— Comment ! est-ce déjà fait ? lui demanda l’Aigle.

— C’est fait, répondit-il.

L’Aigle courut à son avenue, et quand il vit tous ses beaux chênes abattus à terre, il se mit à pleurer, puis il alla trouver sa mère.

— Hélas ! ma pauvre mère, je suis battu ! Tous mes beaux chênes sont à terre ! je ne puis lutter contre ce démon ; quelque puissant magicien le protège, sans doute.

Comme il faisait ainsi ses doléances à sa mère, arriva le prince, qui lui dit :

— Je t’ai vaincu, trois fois, et ta sœur m’appartient.

— Hélas ! oui, répondit-il ; emmène-la et va-t’en, vite.

Le prince emmena donc dans son pays la sœur de l’Aigle. Mais, celle-ci ne voulait pas l’épouser encore, ni même l’accompagner jusqu’à chez son père. Elle lui dit :