Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/255

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


— Nous nous séparerons, à présent, pour quelque temps, car nous ne pouvons encore nous marier. Mais, restez-moi toujours fidèle, quoi qu’il arrive, et, lorsque le moment sera venu, nous nous retrouverons. Voici une moitié de mon anneau et une moitié de mon mouchoir ; gardez-les et ils vous serviront, au besoin, à me reconnaître, plus tard.

Le prince fut désolé. Il prit la moitié de l’anneau et la moitié du mouchoir et revint seul au palais de son père, où l’on fut heureux de le revoir, après une si longue absence. Quant à la sœur de l’Aigle, elle se mit en condition, chez un orfèvre de la ville, qui, par hasard, se trouvait être l’orfèvre de la cour. Cependant, le prince oublia vite sa fiancée. Il devint amoureux d’une princesse venue à la cour son père, d’un royaume voisin, et le jour fut fixé pour leur mariage. On fit de grands préparatifs et de nombreuses invitations. L’orfèvre de la cour, qui avait fourni les anneaux et autres bijoux, fut aussi invité avec sa femme, et même la femme de chambre de celle-ci, à cause de sa bonne mine et de sa distinction.

Celle-ci se fit fabriquer par son maître un petit coq et une petite poule en or, et les emporta, dans sa poche, le jour des noces. Elle fut placée à table vis-à-vis des nouveaux mariés. Elle posa