Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/266

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moiselles devaient arriver au château, pour y passer quelques jours. La veille de leur arrivée, il prit son fusil et partit, plus tôt que d’ordinaire, pour la chasse, afin, disait-il, de prendre quelques pièces de gibier pour les demoiselles attendues. Il se rendit tout droit à une ferme, qui était sur la lisière du bois, et demanda à la fermière de lui permettre de passer trois ou quatre nuits et autant de jours dans un lit placé sous l’escalier, et où n’arrivait pas la lumière du jour.

— Jésus ! Monseigneur, s’écria la fermière, vous serez très mal là ! J’ai un bon lit de plume, dans la chambre, et vous y serez beaucoup mieux.

— Non, non ! répondit-il, c’est sous l’escalier que je veux être. Demain matin, vous irez au château, et vous demanderez un peu de bouillon frais pour une mendiante malade, à qui vous avez donné l’hospitalité. Si l’on vous demande si vous ne m’avez pas vu, vous direz que non.

Il se coucha donc dans le lit, sous l’escalier, et la fermière alla, le lendemain matin, au château et dit à la dame :

— Je viens, Madame, vous demander un peu de bouillon frais, pour une pauvre mendiante, à qui j’ai donné l’hospitalité, la nuit dernière, et qui est restée dangereusement malade, chez nous.