Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/277

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dans la chambre voisine, des plaintes et des gémissements, qui l’empêchèrent de dormir.

— Qu’est-ce que cela peut bien être ? se dirait-il ; il faut qu’il y ait là quelque malade, qui souffre beaucoup.

Et comme les plaintes et les gémissements continuaient et lui rendaient le sommeil impossible, il se leva et ouvrit la porte de la chambre défendue. Mais aussitôt il recula d’épouvante, à la vue d’un énorme serpent. Le serpent prit la parole, comme un homme, et lui dit :

— Sois le bienvenu, prince de Tréguier ! Je te plains cependant, car je crains que tu ne sois traité ici comme moi-même. Et pourtant, tu peux encore éviter ce malheur et te sauver, en me sauvant aussi. Promets-moi de faire exactement ce que je te dirai, et tout ira bien.

Le prince était tellement frappé de ce qu’il voyait et entendait, qu’il ne pouvait parler.

— Ne t’effraie pas et ne crains rien de moi, car je ne te veux que du bien, reprit le serpent ; me promets-tu de faire ce que je te dirai ?

— Oui, si je le puis, répondit-il enfin.

— Écoute bien, alors : va tout doucement au bois, coupes-y un fort bâton de houx ou de coudrier, apporte-le ici et je te dirai ce que tu devras faire, ensuite.

Le prince se rend au bois, y coupe un gros