Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/278

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bâton de coudrier et revient avec. Le serpent lui dit alors :

— A présent, fourre-moi le bâton dans le corps, par la bouche, puis, me chargeant sur ton dos, pars en silence, pendant que la vieille dort, et emporte-moi hors d’ici. Tu marcheras tout droit devant toi, jusqu’à ce que tu trouves un autre château. Quand tu te sentiras faiblir, ou que tu auras faim ou soif, lèche l’écume que j’aurai à la bouche, et aussitôt tu te sentiras réconforté.

Le prince charge le serpent sur son dos et part, sans bruit. Il marche et marche. Quand il a faim ou soif, il lèche la bouche du reptile et continue sa route. Mais, à force de marcher, il se fatiguait et demandait souvent :

— Est-ce que c’est encore loin ?

— Courage ! lui répondait le serpent, nous approchons.

Et il allait encore.

— Je n’en puis plus, je vais vous jeter à terre, dit-il enfin.

— Ne vois-tu pas, devant toi, une haute muraille ?

— Si, mais c’est encore loin.

— Lèche-moi la bouche, et continue de marcher ; encore un effort, et nous sommes sauvés.

Enfin, avec bien du mal, le prince arrive au