Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/279

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


pied de la muraille : il franchit la porte, qu’il trouve ouverte, et le voilà dans la cour du château.

— Holà ! cria alors le serpent, tout va bien ! retire-moi le bâton du corps.

Le prince retira le bâton et se trouva aussitôt en présence d’un roi, avec la couronne en tête, au lieu d’un serpent.

— Ma bénédiction sur toi, prince de Tréguier, lui dit le roi ; il y a cinq cents ans que j’avais été métamorphosé en serpent par un méchant magicien. J’ai trois filles, d’une beauté remarquable, qui habitent dans ce château et que le même magicien y retenait aussi enchantées et endormies ; en me délivrant, tu les as également délivrées, et je te donne la main de celle des trois que tu préféreras. Les voilà, qui nous appellent, chacune à la fenêtre de sa chambre.

Et les princesses saluaient en effet leur père et tendaient vers lui leurs mains, en disant :

— Voilà notre père revenu ! Il y a cinq cents ans que nous ne l’avions vu ; courons à sa rencontre !

Et les trois princesses descendirent, et se jetèrent au cou du vieillard, en pleurant de joie ; puis le roi leur dit, en leur montrant le prince :

— Voici, mes enfants, le prince de Tréguier, à qui nous devons notre délivrance des charmes