Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/282

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cheval et sa bonne épée. Quand il y arrive, on est au plus fort d’une sanglante bataille. Il lance son cheval dans la mêlée, va se placer entre les deux armées et lève son épée en l’air en disant : — « Fais ton devoir, ma bonne épée ! » et en lui indiquant le côté où il faut frapper. L’épée se rue comme la foudre sur les ennemis et les couche tous à terre, en un clin-d’œil.

L’empereur de Russie, sauvé par une intervention si merveilleuse et si inattendue, emmena le prince de Tréguier à sa cour et le combla d’honneurs et de faveurs. Il vit la fille de l’empereur, qui était d’une beauté merveilleuse, et en tomba aussitôt amoureux. Il demanda sa main, l’obtint facilement, et le mariage fut célébré, avec pompe et solennité, de grands festins et de belles fêtes.

Cependant la princesse aimait peu son mari, et lui préférait un jeune et beau général des armées de son père. Le prince de Tréguier, qui en avait été prévenu et connaissait d’avance ce qui devait lui arriver, ne paraissait pas s’en soucier, et passait la plus grande partie de son temps à la chasse. Il prenait tant de gibier de toute sorte, grâce à son épée, — perdrix, bécasses, lièvres, chevreuils, loups, sangliers, ours, — que tout le monde en était étonné, et les princes et les courtisans furent bientôt tous jaloux de lui, mais principalement le