Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/287

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une pierre, au soleil, et l’arrose de quelques gouttes de son eau merveilleuse. Aussitôt, il s’en élève un beau cerisier, portant de belles cerises rouges et dont le sommet atteint à la hauteur de la fenêtre de la chambre de la princesse. Celle-ci, à cette vue, s’écrie encore :

— C’est quelque chose de la part de mon premier mari !

Et elle fait abattre le cerisier et le jeter au feu. Mais, Souillon a eu le temps d’en cueillir auparavant une belle cerise rouge. Elle la dépose au soleil, sur la pierre d’une fenêtre basse, verse dessus quelques gouttes de son eau merveilleuse, et aussitôt un bel oiseau bleu en sort, qui s’envole au jardin, en faisant : Dric ! dric !... La princesse et son mari, qui se promènent dans le jardin, remarquent l’oiseau et s’écrient :

— Oh ! le bel oiseau ! essayons de le prendre ! Et ils se mettent à sa poursuite. L’oiseau vole de buisson en buisson, sans jamais aller loin, et de façon à leur laisser tout espoir de le prendre. Le mari de la princesse dépose son épée à terre, afin de pouvoir courir plus librement. Alors, l’oiseau se pose sur l’épée, et aussitôt il devient un homme, le prince de Tréguier ! Celui-ci saisit l’épée et la brandit en s’écriant :

— Holà ! tout va bien ! Fais ton devoir, ma bonne épée !