Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/286

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


comme vous l’apprendrez plus tard. On l’appelle Souillon, et c’est elle qui vous viendra en aide. Quand elle vous verra arriver, elle dira à votre femme, qui s’est remariée à son ancien amant le général : — Ah ! Madame, le beau cheval qui vient d’arriver dans votre écurie, on ne sait d’où ! Votre femme se rendra aussitôt à l’écurie, et, en vous voyant, elle dira : — Ceci doit être quelque chose de la part de mon premier mari ! Et aussitôt, elle donnera l’ordre de vous tuer, de vous hacher en menus morceaux et de jeter le tout dans une fournaise ardente, pour y être consumé par le feu. En entendant cela, Souillon s’écriera : — Un si beau cheval ! c’est vraiment pitié de le tuer ! Et elle s’approchera de vous pour vous caresser de la main. Dites-lui alors, tout doucement, de prendre la fiole que vous aurez dans l’oreille gauche, et soyez sans inquiétude, car elle saura quel emploi elle devra en faire.

Le prince se rend donc une seconde fois en Russie, sous la forme d’un beau cheval blanc. Sa femme, dès qu’elle le voit, donne l’ordre de le mettre à mort, de le hacher en menus morceaux et de jeter le tout dans une fournaise ardente. Mais, Souillon s’est déjà emparée de la fiole d’eau de vie, qui était dans son oreille. Quand le cheval est tué et haché en menus morceaux, elle forme une petite boule de son sang caillé, la dépose sur