Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/378

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— Sa couronne sera à moi, comme sa chèvre.

La couronne royale fut exposée, à l’heure et à l’endroit désignés. Une foule considérable était rassemblée sur la place, curieuse de voir si le voleur réussirait encore à l’enlever.

Le roi et sa cour étaient au balcon du palais, et de nombreux soldats montaient la garde, l’épée nue, autour du coussin de velours sur lequel la couronne était déposée. Mais, toutes ces précautions ne servirent à rien, et Efflam, s’étant coiffé de son chapeau magique, enleva la couronne du roi, aussi facilement qu’il avait enlevé sa chèvre.

Le vieux monarque, convaincu qu’il avait affaire au plus fin voleur de son royaume, et, de plus, à un grand magicien, sans doute, comprit que c’était en vain qu’il essayait de lutter avec lui, et il pensa alors que ce qu’il avait de mieux à faire, c’était de le conquérir et de se l’attacher, au lieu de le persécuter. Il fit donc publier qu’il exposerait, le lendemain, sa fille unique, au même endroit où avaient été exposées la chèvre blanche et la couronne royale, et que si le voleur parvenait également à l’enlever, il la lui accorderait pour épouse.

Il était, à présent, bien persuadé que le voleur se tirerait de cette dernière épreuve, aussi facilement que des autres.