Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/383

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


— Nous avons vu bien des choses curieuses et extraordinaires, jusqu’ici, se dirent-ils, mais, rien qui vaille ceci. Que cet abbé n’ait jamais éprouve aucun souci, jusqu’à présent, ce n’est pas chose impossible, après tout ; mais, affirmer qu’il n’en éprouvera jamais, voilà qui est bien téméraire, pour le moins.

Et ils poursuivirent leur route,

Nous les laisserons aller et ne les suivrons pas, pendant tout le temps que dura le voyage.

Quand l’an et le jour furent écoulés, ils revinrent auprès de leur roi, ayant beaucoup vu, beaucoup entendu et éprouvé toutes sortes d’aventures.

— Eh bien ! qu’avez-vous vu et appris d’extraordinaire ? Contez-moi tout cela, leur dit le roi, en les revoyant.

— Nous avons vu et appris bien des choses, sire, toutes plus curieuses et plus extraordinaires les unes que les autres ; pourtant, ce qui nous a semblé plus fort que tout le reste, c’est une inscription que nous avons lue au-dessus de la porte d’une abbaye.

Que disait donc cette inscription ?

— Elle disait qu’il y avait là un abbé qui n’avait jamais éprouvé aucun souci, de sa vie, et qui n’en éprouverait jamais, et, pour cette raison, on l’appelait l’abbé Sans-Souci.