Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/389

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Le roi ne pouvait se fâcher de la comparaison ; il fut néanmoins un peu décontenancé et garda un moment le silence ; puis, il reprit :

— Ah ! voici où je vous attends, et, si vous vous tirez de là, il faut que vous soyez magicien ou sorcier. Dites-moi, pour finir, ce que je pense en ce moment.

— Je vous dirai encore cela, sire, et sans me mettre l’esprit à la torture. Vous pensez que vous parlez à l’abbé Sans-Souci...

— Comment, vous ne seriez pas l’abbé Sans-Souci ?

— Non, sire, je n’ai pas cet honneur.

— Qui donc êtes-vous ; le diable, peut-être ?

— Non, mais, tout simplement, le valet de monseigneur l’abbé : demandez-lui plutôt, car le voici, déguisé en cocher.

L’abbé confirma la vérité de ce que disait son valet.

Le roi, qui était un brave homme, partit d’un éclat de rire et s’écria :

— Ah ! le tour est bon ! Je ne me serais jamais attendu à trouver tant d’esprit chez un valet. Vous souperez tous les deux à ma table, car je veux vous présenter à la reine et à la cour.

Jamais il n’y eut de repas plus gai, dans ce palais, grâce aux saillies et aux bons mots du valet de l’abbé.