Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/39

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tait ses louanges, vantant sa beauté, son esprit et sa générosité.

La femme de chambre de la princesse, fille unique du roi, avait aussi reçu quelques poignées d’or, et elle fit un tel éloge du prince inconnu à sa maîtresse, que celle-ci désira le voir. Le roi l’invita à dîner, et la princesse fut charmée par son esprit et son amabilité, comme tout le monde. Le roi ne pouvait plus se passer de sa société, et, presque tous les jours, il le retenait à dîner. Il distribuait toujours l’or autour de lui, avec une prodigalité étonnante. La femme de chambre de la princesse, qui l’observait avec curiosité, soupçonna quelque magie ou sorcellerie là-dessous. Un jour, elle dit à sa maîtresse :

— Ce prince possède une bourse enchantée, qui lui fournit de l’or à discrétion ! Il faudrait lui dérober cette bourse.

— Mais comment s’y prendre pour cela ? demanda la princesse.

— Il est ordinairement à côté de vous, à table ; versez-lui dans son verre, sans qu’il s’en aperçoive, un soporifique ; il s’endormira, et nous lui enlèverons sa bourse.

La princesse trouva le moyen bon, et elle promit de le mettre en pratique.

Elle s’y prit si adroitement, que personne ne se douta de rien. Vers la fin du repas, notre