Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/434

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— Eh bien ! n’importe ; il n’y a que la mort pour lui !

— Le bien toucher avec votre fouet serait suffisant, je pense, monseigneur.

— Non, non, la mort ! Se moquer de moi ! Allons, vite, au moulin et apporte un sac, pour qu’il y soit mis et jeté dans l’étang, pour être noyé !

Grand-Jean prit un sac vide sur son épaule, et ils allèrent tous les deux du côté du moulin.

Le pauvre meunier est fourré dans le sac, puis chargé sur le cheval du moulin, pour être porté à l’étang, qui était à quelque distance. Comme ils y allaient, ils virent venir sur la route un marchand, qui allait à la foire de Guingamp, avec trois chevaux chargés de marchandises. Le seigneur eut peur.

— Allons nous cacher, derrière le talus, dit-il, jusqu’à ce que ce marchand soit passé.

Et ils vont par-dessus le fossé dans le champ, meunier, dans son sac, fut déposé contre le talus au bord de la route. Quand il entendit le bruit que faisaient les chevaux du marchand, en passant auprès de lui, il se mit à crier :

— Non, je ne la prendrai pas ! je ne la prendrai pas !

Le marchand, étonné, s’approcha du sac :

— Tiens ! tiens ! dit-il, que veut dire ceci ?