Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/444

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Et il descendit la vieille de dessus le cheval, la porta dans le courtil et l’appuya debout contre le tronc du poirier, avec une poire entamée dans la main droite. Puis, il revint sur la route et se mit à crier :

— A la voleuse ! à la voleuse de poires !...

Le maître du poirier, dont la maison était voisine, accourut bientôt, eu chemise, et armé d’un fusil.

— Où est le voleur ? criait-il ; malheur à lui, si je le vois ; on me vole mes poires, toutes les nuits ; il ne m’en restera bientôt plus une seule !...

Et, apercevant la vieille, sous le poirier, avec une poire dans la main, il la coucha en joue, tira ; pan !... et elle tomba à terre.

Aussitôt le Moine, franchissant la clôture, pénétra dans le courtil, en criant :

— Qu’avez-vous fait, malheureux ! Vous avez tué ma mère !... Je vais vous dénoncera la justice, et vous serez pendu !...

Le propriétaire du poirier eut peur et dit au Moine :

— Ne criez pas si fort, je vous en prie, et tâchons de nous entendre et d’arranger cette affaire entre nous ; combien demandez-vous pour vous taire ?

— Je ne me tairai pas, sûrement ; vous avez tué ma mère, et je vais vous dénoncer à la justice, et vous serez pendu !...