Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/453

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— Je t’avais bien dit que tu éprouverais quelque dérangement, cette nuit, tu as trop mangé de soupe grasse et de lard.

— Venez l’empêcher ! Venez vite ! criait-elle toujours.

— Lève-toi et va voir ce qu’elle a, dit la dame à son mari.

— Ma foi ! non, il fait trop froid ; elle est dérangée, parbleu ! ça lui passera.

Mais, comme la fille criait toujours, la dame se leva, alluma la chandelle, et passa dans la chambre à côté.

Et la voilà de crier, à son tour :

— Le Tapis ! c’est le Tapis qui est sur ma fille, dans son lit ! Venez, vite ! vite !...

— Eh bien ! si le tapis la gène, ôtez-le, parbleu ! et me laissez dormir tranquille ! dit le seigneur, impatienté.

Cependant, comme la mère et la fille criaient toujours, de plus belle, il se leva aussi, et, ayant vu ce qui se passait, il ouvrit la fenêtre et se mit à crier :

— Holà ! hé ! valets et servantes, accourez, vite, avec des bâtons ! vite ! vite !...

Et valets et servantes se précipitèrent dans la chambre, armés de bâtons et de balais.

Ma Réor ! leur cria-t-il, frappez sur Ma Réor !