Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/80

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


— Alors, mon fils, vous êtes au terme de votre voyage, car c’est ici la demeure des Vents, et je suis leur mère. Que leur voulez-vous ?

— Je viens me plaindre du dommage qu’ils m’ont causé.

— Quel dommage vous ont-ils causé ? dites-le-moi, et je vous dédommagerai, s’il y a lieu.

— Votre fils l’Ouragan m’a ruiné...

Et il conta toute l’affaire à la vieille. Celle-ci lui dit :

— Entrez dans ma maison, mon fils, et quand mon fils l’Ouragan rentrera, je le forcerai à vous dédommager.

Et elle descendit alors de la colline, et introduisit Jean dans sa maison, qui était au pied. C’était une hutte faite de branchages et de mottes de terre, et où le vent entrait en sifflant de tous côtés. Elle lui servit à manger, et lui dit de n’avoir pas peur de son fils, quand il rentrerait, bien qu’il menaçât de le manger, car elle saurait venir à bout de lui. Bientôt on entendit un bruit épouvantable : les arbres craquaient, les petites pierres volaient eu l’air, et les loups hurlaient.

— Voici mon fils l’Ouragan, qui arrive, dit la vieille.

Jean eut si grand’peur, qu’il se cacha sous la table. L’Ouragan entra en mugissant, huma l’air et s’écria :