Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/82

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Tiens, voilà un mulet, et, quand tu auras besoin d’argent et d’or, tu n’auras qu’à étendre une serviette blanche sous sa queue et lui dire : — Mulet, fais ton devoir ! — et il te fournira de l’or et de l’argent, à discrétion. Mais, prends bien garde de te le laisser voler, ou tu te retrouveras pauvre, comme devant.

Et l’Ouragan lui présenta un mulet, qui était là, dans un coin de la hutte, et qui ne différait en rien d’un mulet ordinaire. Le tailleur remercia l’Ouragan, lui fit ses adieux, ainsi qu’à sa mère, et partit alors, en emmenant avec lui le précieux animal.

Quand il fut à quelque distance de là, comme il traversait une grande lande, il voulut s’assurer si son mulet avait, en effet, la vertu qu’on lui avait annoncée. Il étendit son mouchoir sous sa queue et dit :

— Mulet, fais ton devoir !...

Et aussitôt voilà les pièces d’or et d’argent de tomber sur son mouchoir, jusqu’à ce qu’il ne pût plus en contenir. Il en remplit ses poches, puis, il se remit en route, en chantant, en riant, en dansant et sautant de joie, comme un fou.

Vers le coucher du soleil, il s’arrêta, pour passer la nuit, dans une auberge, au bord de la route. En livrant son mulet au valet d’écurie, il lui recommanda d’en avoir bien soin, et de ne