Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/83

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pas lui dire de faire son devoir. Le pauvre Jean, comme on le voit, n’était pas des plus fins. Après avoir bien soupe, mangé et bu de ce qu’il y avait de meilleur, dans la maison, il alla se coucher et dormit sans souci du lendemain.

Le valet d’écurie s’étonna de la recommandation de Jean de ne pas dire à son mulet de faire son devoir ; aucun voyageur ne lui avait jamais dit pareille chose.

— Il y a quelque chose là-dessous, se dit-il. Cette pensée l’empêchant de dormir, il alla en faire part à son maître. Quand tout le monde fut couché, dans la maison, l’hôtelier, sa femme et le valet se rendirent à l’écurie, et s’étant approchés du mulet, le valet lui dit :

— Mulet, fais ton devoir !

Et voilà les pièces d’or et d’argent de tomber aussitôt, en rendant de joyeux sons. Ils n’en revenaient pas de leur étonnement. Après avoir rempli leurs poches, tous les trois, ils mirent un autre mulet à la place de celui du tailleur, et cachèrent le sien dans une chambre bien close, loin de l’écurie.

Le lendemain matin, Jean déjeûna bien, paya, puis, il se remit en route, emmenant le mulet que lui remit le valet d’écurie, et ne se doutant pas du tour qu’on lui avait joué. Comme il avait ses poches remplies d’or et d’argent de la veille, il