Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/85

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Quand Jeanne vit cela, elle cria plus fort, persuadée que son mari se moquait d’elle, et, prenant un bâton, elle s’avança sur lui. Le pauvre Jean, pour l’éviter, se mit à courir, et n’osant plus rentrer chez lui, et ne sachant bien au juste où son mulet lui avait été volé, il se décida à aller de nouveau trouver l’Ouragan.

Quand celui-ci le vit revenir, tout triste, il lui dit :

— Je sais pourquoi tu reviens ; tu t’es laissé enlever ton mulet, dans la première auberge où tu as logé, en t’en retournant chez toi. Voici, à présent, une serviette, et quand tu l’étendras sur une table ou même sur la terre, en lui disant : — « Serviette, fais ton devoir ! » elle te fournira aussitôt à manger et à boire, tout ce que tu souhaiteras. Mais, prends bien garde de te la laisser aussi enlever ;

— Soyez tranquille, répondit Jean, on m’enlèvera plutôt la vie.

Et il fit ses adieux à l’Ouragan et à sa mère, et se remit en route. Il logea, la première nuit, dans la même auberge que l’autre fois. Il y avait un repas de noces, quand il y arriva. On lui fit bon accueil et on le pria de s’asseoir à la table des nouveaux mariés, ce qu’il accepta avec plaisir. Trouvant le repas peu de son goût, ou peut-être aussi désireux d’exciter l’étonnement des convives