Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/87

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main lui dira : « Bâton, fais ton devoir ! » il se mettra à battre les ennemis de son maître, sans que rien puisse l’arrêter, jusqu’à celui-ci lui dise assez ! Avec ce bâton, tu peux recouvrer ton mulet et ta serviette.

Jean remercia, et partit. Il logea à la même auberge que précédemment. On l’accueillit on ne peut mieux, dans l’espoir de lui enlever encore quelque talisman. Il invita l’hôtelier et sa femme et aussi le valet d’écurie à souper avec lui. Vers la fin du repas, il dit à son bâton, qu’il avait constamment tenu dans sa main, sans vouloir s’en séparer :

— Bâton, fais ton devoir !

Et aussitôt voilà le bâton de se mettre en mouvement et de frapper, à tour de rôle, sur l’hôtelier et sa femme et le valet d’écurie. Tous leurs efforts pour l’arrêter étaient vains, et ils avaient beau se cacher sous la table et ailleurs, le bâton les atteignait partout, et Jean riait et plaisantait.

— Grâce ! miséricorde ! lui criaient-ils. Et lui disait :

— Cela vous apprendra à voler des mulets et des serviettes !

— Grâce ! Nous vous rendrons tout ! Vous allez nous faire tuer !...

— Assez ! cria Jean, au bout d’une demi-heure de cet exercice.