Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/95

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


osseuses au-dessus des plats, et aussitôt ceux-ci se remplirent par enchantement d’un mets fumant de la meilleure apparence, et répandant une odeur délicieuse ; le vase aussi était plein, à présent, d’une liqueur vermeille et odorante. Iann, tout à l’heure triste et morose, était devenu tout à coup joyeux et souriant, et quand la vieille lui dit : — Soupons, mon fils, il ne se le fit pas dire deux fois. Il mangea et but à discrétion, et ne fit jamais de meilleur repas. Il s’étendit alors sur la pierre du foyer, pour dormir. Le sommeil vint vite, et il lui sembla qu’il était dans un lit de plumes.

Le lendemain matin, il déjeûna encore, on ne peux mieux ; après quoi, la vieille lui parla de la sorte :

— Je veux faire quelque chose pour toi, mon fils ; écoute-moi donc, et si tu m’obéis, tu ne manqueras jamais de rien, sur la terre.

— Parlez, grand’mère ; je suis prêt à faire tout ce que vous me direz, pourvu, cependant, que vous ne me demandiez pas l’impossible. Jusqu’à présent, je n’ai guère connu que misères et peines de toute sorte, dans cette vie, et je serais bien aise, avant de mourir, de savoir aussi un peu ce que c’est que la richesse et le bonheur.

— Il y a, reprit la vieille, dans le bois, non loin d’ici, un vieux château. Dans la troisième