Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/98

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


luisantes. Jamais il n’avait vu pareil spectacle ; il croyait rêver. S’étant pourtant assuré que c’était de l’or bel et bien, il jeta l’argent qui remplissait ses poches, et les remplit d’or, tant qu’il put en porter.

Puis, il pénétra dans la troisième salle. Il vit alors l’Homme de fer, debout au milieu de la salle ; il dormait, mais, il tenait néanmoins, dans sa main droite, son flambeau, qui brûlait et remplissait la salle d’une belle lumière bleuâtre. Il le considéra, quelque temps, en se disant :

— Quel bel homme ! s’il se réveillait ! Hâtons-nous de lui enlever son flambeau et de déguerpir.

Et il lui enleva facilement le flambeau, l’éteignit et partit aussitôt. Il traversa de nouveau la salle remplie d’or, puis la salle remplie d’argent, et enfin la cour, sans éprouver ni dégoût, ni nausées, cette fois, en passant parmi les bêtes venimeuses (sans doute par la vertu du flambeau) ; et, juste au moment où une heure sonnait, il franchissait le seuil de la porte de la cour, qui se referma sur ses talons, avec un grand bruit. Il entendit alors, derrière lui, des sifflements et un vacarme épouvantables. C’étaient les bêtes venimeuses qui se réveillaient et s’apercevant qu’elles étaient trompées et que le flambeau de l’Homme de fer lui avait été dérobé, elles étaient furieuses,