Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/99

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se précipitaient contre la porte et essayaient de sortir, par-dessus les murs. Iann fut si effrayé de tout ce bruit, de ces cris inconnus sur la terre et qui semblaient sortir de l’enfer, qu’il s’évanouit et tomba à terre. Heureusement, qu’il était dehors !

Quand il revint à lui, il se dirigea vers la hutte de la vieille femme. Mais, il avait perdu son flambeau, ou plutôt, dans son trouble, il ne se rappelait pas qu’il l’avait caché dans la doublure de sa veste. Le voilà bien embarrassé : comment se présenter devant la vieille, sans le flambeau ? Il pensa qu’il n’y avait qu’une chose à faire. C’était de passer par le village le plus voisin et d’y acheter un gros cierge, qu’il ferait teindre en bleu. C’est ce qu’il fit, en effet. Puis, il se présenta avec assurance devant la vieille. Celle-ci ne s’attendait plus guère à le voir revenir, tant il était en retard. Quand elle le revit, elle lui dit d’un air joyeux :

— Te voilà donc de retour, mon fils ; je craignais beaucoup pour toi. As-tu réussi dans ton entreprise ?

— Oui, sûrement, grand’mère.

— Et tu m’apportes le flambeau de l’Homme de fer ?

— Oui, grand’mère, je vous l’apporte.

— Donne-le, alors, donne vite !